LA DECISION

BRECHT/EISLER

Projet participatif

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LA DECISION

BRECHT/EISLER

Opéra didactique participatif avec 30 musiciens professionnels (chanteurs et instrumentistes) et 300 amateurs choristes et issus d'associations travaillant auprès de publics fragiles (champ social, handicap) pour montrer « le monde tel qu’il change (et comment il peut être changé) ».

Equipe artistique mélant professionnels et amateurs.

Distribution :

Ensemble Sequenza 93 et 1 ténor soliste et un ensemble instrumental de 11 musiciens
Julia De Gasquet, comédienne
Mise en scène : Jean-François Peyret
Direction musicale : Catherine Simonpietri

ET 300 choristes amateurs d’Ile-de-France déjà initiés à la pratique chorale ou débutants (associations luttant contre la pauvreté ou l'exclusion sociale, choristes initiés habitant dans le 93, enfants de l'Ecole des Enfants du Spectacle, éducateurs,personnes malentendantes, chanteurs en voie de professionnalisation).
Chants en allemand (surtitrés) et trois chants en langue des signes française (simultanément).
Entrecoupés de dialogues en français.
Durée: 58 minutes, en huit tableaux titrés.

 

Un projet qui veut faire entendre toutes les voix.

Oeuvre profondément politique, questionnant la place de l’individu dans le système et ses moyens d’action, elle a été originellement écrite pour un choeur de 300 amateurs, un ténor soliste et un ensemble instrumental. Monter cet ouvrage est donc un vrai choix, et il engage un projet social, participatif et favorisant la mixité des participants.

Il implique d’ouvrir et partager ce projet avec des participants « non-initiés » et des publics « isolés », en créant des liens et des ponts avec les choristes déjà initiés qui pourront les accompagner dans leur pratique, en mettant en oeuvre un environnement favorable (bienveillance, tutoriels, répétitions en petit groupe et actions de sensibilisation en amont), et en fédérant des groupes qui seront préparés dans des lieux et des environnements différents.

Il s'agit également de réussir à mobiliser 300 amateurs d'origines sociales diverses, de les inciter à s'engager à long terme, de leur proposer de s'associer sans distinction avec des objectifs adaptés pour chacun, de mobiliser dans l'aventure les professionnels et travailleurs sociaux qui les accompagnent au quotidien.

Projet soutenu par le Fonds de dotation Choeur à l'Ouvrage.

 

Note de mise en scène de Jean-François Peyret

La Décision brille d’un éclat particulier dans l'œuvre de Brecht, son chef-d'œuvre pour certains.

Peut-être parce que cette pièce semble avoir échappé au penseur conséquent qu’était Brecht, et s’être même retournée contre lui : la liquidation du jeune camarade par ses camarades, est-elle la simple confirmation que la révolution dévore ses propres enfants, anticipation des procès de Moscou ; d'autres vont y voir comme un sacrifice christique... On ne peut lui assigner un sens unique, et son ambivalence est tragique parce qu'elle touche au jeu dangereux de la politique avec la mort ; « la révolution est le masque de la mort, la mort est le masque de la révolution », dira Heiner Müller, un héritier ingrat de Brecht. Toujours est-il qu’embarrassé par cette Décision, Brecht prendra celle de l’interdire de représentation, mais la proclamera peu avant sa mort modèle d'un théâtre à venir. Ambivalence.

La Décision (die Massnahme en allemand) est une « pièce didactique ». Il ne faut pas se méprendre sur cette mauvaise traduction : un Lehrstück est d’abord une expérience pour ceux qui la jouent, plus qu’une représentation destinée aux regards de spectateurs. Ainsi, à la création mondiale en décembre 1930, à la vieille Philharmonie de Berlin, les commanditaires de l’œuvre sont trois chœurs de travailleurs, des femmes, des hommes et de très jeunes gens. Trois cents voix, parmi lesquelles un ténor professionnel et la comédienne Hélène Weigel. Dix musiciens donnent la cadence de la musique d’Eisler. Le débat suscité par la représentation dura toute la nuit dans une école, du Mitte de Berlin, non loin d’où, un an plus tôt, des barricades se dressaient.

Quel usage faire aujourd'hui d'un tel chef-d’œuvre littéraire et musical ? Quel geste artistique inventer ? Bien sûr, l’œuvre pourrait donner lieu à une production conventionnelle, musiciens, comédiens professionnels, public d'opéra.

Pourtant, pour faire droit à l’esprit de l’œuvre, il nous est apparu, nécessaire de faire appel à des choristes amateurs issus du milieu associatif, regroupant aussi bien des travailleurs sociaux que des exclus ou des réfugiés mais aussi des chœurs enfants, emmenés, comme l’exige la partition, par onze musiciens professionnels, sous la direction de Catherine Simonpietri, ainsi que le ténor et la comédienne, soit 300 personnes, « pratiqueront » la musique d’Eisler et le texte, en allemand et français de Brecht.

Mêlés à eux, dans une sorte de corps à corps, les spectateurs de la Salle des concerts de la Cité de la musique seront invités, plutôt qu’à assister à une représentation, à partager une expérience. Et cela le 27 mars 2020 célébration de la journée mondiale du théâtre par l’Unesco.