EMPREINTE(s)

Ecrire et composer avec le patrimoine

Projet « cross-over »

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EMPREINTE(s)

Ecrire et composer avec le patrimoine

Performance et installation acoustique
Proposer des traversées musicales qui font résonner un lieu sous un angle atypique (celui des échos, des mémoires du lieu, de ses énergies) permet de le présenter au public dans un contexte plus inattendu.
La musique également prend une autre couleur plus proche des espaces et de l’architecture, créant la rencontre entre l’espace et le temps.

 

Explorer d’autres formes d’écoute et de concert, transformer l’éphémère d’une performance vocale en une installation sonore, travailler avec un compositeur électro-acousticien, sculpteur de son a été la continuité immédiate, RESONANCE(S) devient EMPREINTE(S).

Les voix et leur mobilité, la palette du répertoire de l’Ensemble, l’habitude d’explorer un travail de création et les possibles données par la technologie sont au coeur de se projet qui s’inscrit sur mesure dans les espaces qu’ils soient patrimoniaux, industriels, contemporains, paysagers...

 

Chaque EMPREINTE(S) partira d’une création de Jean-Yves Bernhard qui viendra se frotter au lieu et s’enrichir de matières sonores spécifiques au lieu.

- Note d'intention de Jean-Yves Bernhard -

“J’écrivais pour toi, et maintenant, j’écris aux moments qui sont partis avec toi.” -Víctor de la Hoz-

L’installation « Empreintes » sera en quelque sorte le prolongement de la musique qui aura été jouée dans le lieu, lors du concert, mais pas seulement… Elle sera « augmentée » par des prises de son effectuées dans les espaces intérieurs (bureaux, couloirs, réfectoire, cave…) et extérieurs (jardins, parc, cour…) ainsi que par l’histoire du bâtiment (textes d’écrivains, musiques de compositeurs, personnages illustres et anonymes qui y ont créé ou qui y sont passés).
Chaque lieu a ses histoires: celles qui sont passées, celles qui s’y passent et celles à venir.
Le son n’est pas une chose, c’est un flux, une énergie, une matérialité qui possède une épaisseur, une densité, qui s’inscrit en proximité ou en éloignement par rapport à nous… autant de caractéristiques qu’on ne peut pas considérer en un instant donné mais dans leur évolution, c’est-à-dire dans un devenir hypothétique. On ne sait jamais ce que va être ou devenir le son: il est une réalité aussi riche que fragile, omniprésente que fugace et a la faculté de produire des sensations de volume, de matière, d’espace, sans être par ailleurs forcément reconnaissable. Il peut produire une image synthétique ou qui ne représente rien d’existant.
Notre écoute n’est pas objective, elle est toujours subjective. Effectivement , ce ne sont pas seulement les oreilles qui perçoivent, mais l’esprit qui élabore et construit des représentations mentales, lesquelles, loin de se réduire aux aspects physiologiques et psycho-acoustiques de l’audition, sont organisées en un système culturel, symbolique et esthétique.

L’installation se compose de huit haut-parleurs sur pieds, disposés dans l’espace d’exposition. A chaque haut-parleur est associé une voix du choeur ainsi que les sons de la composition électroacoustique.
L'idée d'une spatialisation s'estompe au profit de l'exploration des liens plus directs entre l'espace et le son.
L'espace est posé comme dimension à part entière du son, sa "cinquième dimension". Cette composition spatialisée permet à l’auditeur de s’y immerger pour se projeter dans de nouveaux espaces imaginaires.
Je ne conçois pas des œuvres fixées sur une seule représentation mentale, qui serait perçue de la même façon par tous, mais plutôt un objet qui déclencherait moult sensations et images selon les auditeurs. Je ne cherche pas à trouver ce qui collerait à une personne en particulier mais bien ce qui interrogerait chacun différemment.
Cette installation a un double objectif: d’une part, de placer le visiteur dans une position où il expérimente le son et la musique du point de vue des chanteurs en se déplaçant entre les différentes sources et en écoutant séparément ou non les voix. Cela le sort d’une position d’écoute « classique », à savoir frontale et crée ainsi un lien entre l’auditeur et l’œuvre. D’autre part, cela lui donne l’occasion d’analyser la construction d’un espace physique par le son. Et la force du sonore, c’est que l’on va individuellement fabriquer ce que l’on entend.


Le dispositif sera autonome: le spectateur n’influe pas sur ce qui a été prévu par le compositeur. Il évolue dans un environnement sonore imposé.
A l’instar des souvenirs qui s’effacent, ces sons ne seront pas exactement identiques mais transformés dans leurs formes, leurs durées, leurs organisations et disparaitront au fur à mesure du temps qui passe. Ainsi pour une installation durant un mois, la structure formelle de la pièce sera composée pour cette durée et chaque jour de nouveaux sons disparaitront.
Le fait de travailler sur une échelle de temps assez longue, permet d’entendre le son disparaître, puis de ré-apparaître.
C’est un principe proche de la persistance rétinienne, ou notre œil continue à voir une images disparue, par un jeu de notre cerveau qui fonctionne en décalage avec nos sens. C’est alors le son disparu qui devient l’élément central de l’œuvre. Ce n’est pas tant l’image sonore rémanente d’un espace-temps clairement défini, c’est plutôt une nouvelle image, obtenue par une superposition d’un son disparu sur l’environnement, qui s’impose à notre écoute.

Concernant la composition de la pièce vocale, je compte appliquer à l’écriture vocale des techniques de composition électroacoustique (mouvements spatiaux, mouvement des sources, jaillissement, collages, accumulation, rupture, substitution d’attaque, granulation, sons lisses, sons itératifs, directivité, rayonnement…) de manière à exploiter et à jouer avec toutes les dimensions spatiales, spectrales, dynamiques que présente l’acoustique d’un lieu.

JEAN-YVES BERNHARD - Compositeur/concepteur sonore