À l'iniziu c'era a nanna (là où tout commence)

Théâtre et musique / création 2020

Projet « cross-over »

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À l'iniziu c'era a nanna (là où tout commence)

Théâtre et musique / création 2020

Un comédien et six chanteuses lyriques évoquent la Corse, contrée de contrastes et de contradictions. Leurs voix s'emmêlent, résonnent et se répondent pour composer une fresque impressionniste et pointilliste, accidentée comme le paysage corse. Ces femmes et cet homme traversent les âges et les états émotionnels, entre berceuses corses traditionnelles, textes de la littérature française, et création musicale contemporaine, de la douceur maternelle à l'appel sauvage de la vengeance.

6 chanteuses de l’Ensemble SEQUENZA 9.3 et 1 comédien
Direction musicale : Catherine Simonpietri
Comédien : Olivier Broda

Mise en scène : Olivier Broda assisté d'Eve Weiss
Dramaturgie : Leslie Six
Scénographie : Noëlle Ginefri
Lumières : Gilles Gaudet
Costumes : Claire Schwartz

Création scénique automne 2020

Développement du répertoire corse (berceuses) > écouter autour de parcours éducatifs, d'un projet dans un parc urbain avec des siestes musicales, de format de concerts petite forme mobile en concerts scolaires ou dans les lieux empêchés dès l'été 2019 et sur la saison 19/20

Le matériau constituant la base du projet rassemble la beauté de monodies/berceuses des femmes corses, la présence dramaturgique d’une figure masculine et une commande à la compositrice Lucia Ronchetti.

D’une part, ces monodies en langue corse qui renvoient à l’intime de l’amour inconditionnel d’une mère à son enfant. Les femmes corses rythment la vie par des chants, aussi nécessaires à charmer nos fragiles enfances qu’à consoler nos douleurs. On y retrouve aussi toutes les influences des diverses invasions barbares de cette île méditerranéenne.
L’orchestration pour six voix de François Saint-Yves en propose une réécriture dans notre monde d’aujourd’hui, leur apportant une universalité d’autant plus puissante.

Une figure masculine entourée par ce choeur de femmes sera traversée par ses chants.
Parcours d’un homme, histoire d’une île, l’insularité, les racines, l’exil.
Un voyage, parcours initiatique, un exil réel ou rêvé, un attachement insulaire et maternel, des racines oppressantes ou libératrices ?

Lucia Ronchetti, compositrice italienne s’associe à ce projet pour une commande qui puise son livret dans le Voceri corses, chant de lamentions et de malediction.

Début de note d'intention d'Olivier Broda / mars 2019
" Les îles sont souvent riches en ferments culturels.
Vivant en vase clos, leurs populations dont les énergies sont tournées vers l’intérieur, réussissent souvent à inventer des modèles originaux d’organisation sociale et à atteindre un haut niveau de créativité artistique ; c’est indéniablement le cas de la Corse.
À quelle source minérale, à quel esprit d’impertinence cette île doit-elle cet état de grâce ?
Sableuse et désertique au sud, fraîche et montagneuse au centre, riche et chaude à l’est, indomptable partout- comme ses habitants- depuis toujours, l’Île de Beauté, contrée des contrastes et des contradictions, mérite bien une escale musicale et littéraire. « À l’iniziu c’era a nanna» naquit avant tout de cette envie.
« À l’iniziu c’era a nanna, (là où tout commence) », c’est en premier lieu une rencontre.
Celle de trois artistes, de trois regards différents portés sur cette île et son peuple de lutteurs à l’énergie païenne.
Celle de deux femmes musiciennes et d’un homme de théâtre et d’écriture.
Celle d’une artiste corse, d’une artiste méditerranéenne et d’un artiste continental qui ne connaît guère de la Corse que ce qu’il en perçoit à travers les livres et ce qu’on peut lui en raconter.
Une vision kaléidoscopique abordant les grands thèmes propres à ce pays bigarré pour une pièce théâtrale musicale et vocale..."
Extrait de la note d'intention musicale de Lucia Ronchetti / mars 2019
“ Dal sonno mi disciolsi” est un vers du poète Giacomo Leopardi qui exprime bien ce moment de découverte de la réalité et de la vie comme un combat ingagnable. Les mêmes femmes qui, juste avant, chantaient les berceuses à leurs enfants d’une voix angélique et profonde, sont devenues des déportées dans un voyage en Enfer, des personnes déchirées, irrémédiablement isolées, dans la nature minérale pure et âpre, forte et contrastée de la Corse qui, avant, les protégeait et maintenant les emprisonne.
La solitude et le désespoir des femmes corses qui chantent leurs chagrins sont reliés à leurs évocations de violence, de carnage et de vengeance. La femme corse traditionnelle, assujettie dans la vie sociale, prend la parole et célèbre le rite de la vengeance en improvisant avec sa voix des textes et des mélodies qui laissent résonner la douleur traversée. La vibration poétique traverse le langage sculptural corse et lui donne une forme musicale qui fait presque exploser le corps chantant, expérimentant sa tenue et ses limites.

 

Lucia Ronchetti étudie la composition et l’informatique musicale à l’Accademia Santa Cecilia, ainsi que la philosophie à l’Université de Rome. À Paris, elle participe à des séminaires de composition avec Gérard Grisey, aux cours d’informatique musicale de l’Ircam (1997), et obtient son doctorat en musicologie à l’École Pratique des Hautes Études de la Sorbonne sous la direction de Franco̧is Lesure (1999). En 2005, elle est à New York, avec une bourse Fulbright, au Département Musique de la Columbia University, à l’invitation de Tristan Murail.
Lucia Ronchetti écrit pour tous les effectifs et recourt très souvent à l'électronique. Elle s'inspire des sciences naturelles, de la philosophie, de la poésie, de la littérature et de la peinture. Elle rend aussi hommage aux compositeurs du passé.
La théâtralité est inhérente à l'œuvre de la compositrice, y compris dans un ensemble d'œuvres vocales non scéniques sous-titrées « dramaturgies », parfois issue d'une tradition madrigalesque comme dans Anatra al sal (1999) composé pour les Neue Vokalsolisten Stuttgart auxquels elle a destiné de nombreuses œuvres.